Ave Maria
14 octobre, 2012 @ 9:49 Non classé

 

Clark : – Cette sorte de littérature qui assiège le corps et l’esprit, celle fantasque qui nous sert son meilleur jus quand on s’y attend le moins, la pluie fine des lettres filantes sur nos yeux ébahis. Oui, ça n’existe plus.

Sélène : – Pourquoi en parles-tu encore si cela n’existe plus ? Pourquoi parler en condition.

John : – Le fait de parler, la substance est intéressante autant que le contenant, il ne suffirait pas de parler mais de vivre ses paroles. Ce qui finalement produit l’effet inverse c’est le non-sens qu’on y met. Le déjà-vu, cette lassitude chronique. Arrêtons de nous ennuyer de tout, d’une, suit-ci de devoir dire à chaque fois, énoncer régulièrement, voir répéter sans arrêt aucun, l’échappatoire facile d’une critique facétieuse, qui plus est, dont on dépense de l’énergie pour une éloge du mal qui anime le monde, le malade qui se complait dans sa maladie, c’est dire. Et ce conservatisme de la belle pensée, de la belle parole, des années passées ; « de croire qu’un autre pourrait dire mieux, -moins mal-, ce que son voisin dit sans détours, et ce voisin qui lui impute la médiocrité du sujet qu’il choisit, des émotions trop disparates, ou au contraire sur-jouées, rendues grotesques exprimées textuellement, servant d’exutoire aux apathiques en mal de sensations qui les feraient trop vivre, à l’inverse, qui finit même par lasser les plus aguerris qui battent les records d’achats inutiles , blablabla ». On pourrait commenter pendant des heures le comportement de chacun des acteurs, qu’il soit littéraire ou public lecteur, consommateurs, ou fabricant de produit de consommation, -car ici, c’est à ça qu’il en est réduit, en jugement-, leur psychologie, mais cela ne nous amène nulle-part. Plus la critique est cruelle, plus on en raffole : désolée de vous décevoir, mais oui, le Mallarmé est mort, en conséquence il ne reviendra pas. Tout cela est, en forme, bien absurde.

- Ces chroniqueurs ont le privilège de me faire rire.

- Tes abdominaux sont en guimauve ça tombe à pic.

- Tu tires quand même un portrait assez noir de ces lettrés d’Hypokhâgne, de ces journalistes maudits, je n’oserais pas à ta place, tu n’aurais pas de coffre pour les tenir en haleine, il te ferait perdre la tienne.

- Elle n’a pas besoin d’eux pour être perdue. Ma foi, elle est tenace, envers et contre tout, elle se dresse comme un lampadaire dans la nuit. Rutilante de Dieu. Et ça cite, ça pioche par-ci par là, la médiocrité devient le commun des mortels par leur faute de goût, parce qu’il faut avoir un avis sur tout surtout !

 

 

-despetitssous
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